Le petit mot d’Elino … #95
EDH ET CORINNE CAMUS
Qui dit Ecole de handball au HBCL dit Corinne Camus. Coco pour pratiquement tout un club.
Je lui ai demandé de nous parler de « ses petits », de son travail avec eux. Et au fur et à mesure de l’entretien, elle toujours si réservée, a laissé passer toute la passion qui l’anime et son bonheur de s’occuper des jeunes enfants.
Corinne parle nous de cette école de handball dont tu t’occupes depuis bien longtemps.
Il y a deux catégories dans cette école et je m’occupe des deux. Les Baby’s tout d’abord qui ont de 3 à 4 ans et l’école de hand petits, les U7 (5, 6, et 7 ans).
Cette année on va battre tous les records, j’ai entre 30 et 35 enfants au total se divisant en gros entre 2/3 en Baby’s et 1/3 en école de hand petits.
Je croyais que cela allait jusqu’à 9 ans.
Non les U9 c’est l’école de hand « grands » et je ne m’en occupe pas. Par contre je suis les U11G.
Le HBCL, et maintenant le GLHB, recherchent la performance au fur et à mesure que les enfants grandissent. Ce n’est évidemment pas ton cas à l’école de hand. Explique moi tes objectifs et ce que tu fais exactement.
Comme tu le dis, pour moi la performance n’est pas du tout mon objectif. Le but principal est de former un groupe d’enfants qui, ensemble se font plaisir à jouer au handball.
Pour les Baby’s c’est autre chose parce que, bien sur, on ne fait pas du handball. Ce sont simplement des petits ateliers avec un ballon en général mais le but est le même à savoir de se faire plaisir, d’être content de venir, d’avoir le sourire, de courir partout en écoutant bien sur les consignes.
Dans cette catégorie ils font beaucoup d’ateliers avec papa et/ou maman. Et même quelquefois avec papy et/ou mamie. En fait c’est très familial.
Pour les U7 par contre on se rapproche du handball. On débute par le travail de la passe, du dribble et la position sur le terrain très difficile à acquérir car en général on assiste à une grappe autour du porteur de balle.
Dans la saison on a quelques plateaux ressemblant à des entraînements mais on reçoit des clubs voisins ou on va chez eux. Il y en a en gros un par mois.
En fait, pour les Baby’s et les U7 tu fais de la socialisation.
Oui, oui. Beaucoup de socialisation mais aussi de l’inclusion puisque, de plus en plus, j’ai des enfants qui -je généralise un peu- ne gèrent pas leurs émotions. Donc c’est aussi une autre façon d’inclure ces enfants dans la société en les acceptant et les accompagnants de façon à ce qu’ils trouvent du plaisir au même titre que les autres.
Pour se faire tu es aidée par des joueurs ?
Oui. Par exemple, je prépare les séances pour les U7 mais ce sont deux joueurs de la N1, Alex Canoine et Sacha Bouchillou, qui les animent.
Les deux éprouvent du plaisir à le faire.
Et avec ses 2,02 mètres Sacha ne leur fait pas peur à ces petits ?
C’est très rigolo à regarder. Si Alex est un peu timide pour Sacha c’est un peu différent. Certains des petits vont voir les matchs de la N1 le samedi soir et c’est vraiment la coqueluche. Les enfants l’adorent et moi aussi donc c’est super.
Tu as ces deux joueurs de l’équipe de N1 qui viennent te donner un coup de main mais tu as aussi des plus jeunes.
Effectivement il y en a deux. C’est pas facile à la base de trouver des jeunes qui se lèvent le samedi matin mais, depuis la fin de la saison dernière, Valentin Nougues (U18G) est présent tous les samedis. Il est adorable et à mon avis il est fait pour ça.
Marine Apuzzo (U15 filles) est présente elle aussi tous les samedis, à l’heure, et me seconde énormément dans chaque catégorie. Les deux changent tous les samedis pour ne pas rester simplement sur un groupe.
Marine m’aide même lorsqu’il y a des tournois handensemble.

L’école de handball avec son encadrement en début de saison.
De g à d : Marine Apuzzo, Sacha Bouchillou, Valentin Nougues, Emma Jaurou

Alex Canoine
Bon, Corinne, depuis combien d’années t’occupes-tu de l’école de hand ?
Honnêtement je ne sais pas. Cela fait longtemps. Au moins une quinzaine d’années.
Bien que tu aies fait travailler des catégories plus âgées, c’est avec ces petits que tu t’éclates le plus. Qu’est ce qui t’attire dans ces catégories là ?
Pour être tout à fait honnête, au début j’ai eu du mal. Parce que je parlais attaque, défense, homme à homme, eux c’était lapin chasseur, carotte…et j’ai eu du mal à m’adapter. Mais après, une fois qu’on a ces petits c’est un plaisir. Parce qu’ils sont cash en fait.
Aujourd’hui, même si j’aime toujours les ados, je ne les comprends plus et j’ai du mal. Alors -je suis égoïste- je choisis les catégories où les enfants sont cash. Que ce soit les tout petits, l’école de hand petits, les U11, et même le handensemble, quand ils ont quelque chose à te dire ils te le disent. Il n’y a pas les réseaux sociaux par derrière, les machins, les trucs, c’est cash. Donc moi cela me va très bien, ça me fait beaucoup rire et c’est super.
Et tu t’éclates !
Et je m’éclate. Et eux aussi j’espère…
Et ça te permet de rester dans le milieu du handball.
Voila.
Tu vas aussi coacher les U11 garçons. Pourquoi ? Parce qu’il manque quelqu’un ou parce que tu as travaillé avec eux et que tu es contente de les retrouver ?
Les deux. Effectivement il y a des enfants que j’ai eu tout petits. En plus, comme ils sont entraînés par Julien Cadel joueur de la N1 donc ne pouvant pas les coacher régulièrement je suis venue pour aider Benoît Marquay chargé au départ de ce rôle et à sa demande.
Tu as des week-ends bien occupés avec le handball si je comprends bien.
Oui plutôt. En général, les U11 jouant en début d’après midi, après la séance avec l’école de handball, je mange à Mamère ou à kany.
Tu amènes ton casse-croûte ?
Oui !
Parlons un peu de bénévolat. Tu m’as dit qu’avec les tout petits tu travaillais avec des parents. Pratiquement tous les enfants ont au moins un de leurs parents ?
Franchement oui. Même si au début cela a été un peu compliqué car les parents me laissaient leurs enfants mais repartaient aussitôt. J’avais l’impression de faire un centre aéré. Depuis maintenant quelques années ils sont présents, ils m’aident, ils participent à cent pour cent. C’est un régal.
Samedi dernier j’ai eu une mamie qui est venue. Franchement elle était extraordinaire.
Je pense qu’ils n’ont pas peur de s’investir car tu ne fais pas vraiment du hand mais plutôt de la motricité.
Exactement. Ils regardent ce qu’il y a à faire et en plus ils ne s’occupent pas uniquement de leur enfant.
Au fait, Corinne, depuis combien de temps es-tu dans le milieu du handball ?
Exactement 53 ans…
Respect !
