ROMAN-FEUILLETON : Années 60. Episode 3
LES DEPLACEMENTS
Ils s’effectuent dans le fourgon des PTT normalement destiné aux employés chargés de poser ou de réparer les lignes téléphoniques. La veille, le chauffeur (Mr Guiraud, je me souviens encore de son nom !) enlève le matériel stocké dans la partie arrière , la « cochonnière » comme nous l’appelions à l’époque. Dans ce fourgon prévu pour 9 personnes nous nous entassons à 10 ou 12, dont 2 à l’arrière dans cette fameuse « cochonnière », assis sur les sacs des copains, respirant à plein poumons les gaz d’échappement. Cahin-caha, bridé à 80 kilomètres heure, le fourgon nous transporte, dans un bruit épouvantable, sur les lieux de nos rencontres. Jusque dans les Pyrénées s’il le faut. Peu importent les conditions. Nous sommes très heureux d’être là. Nous sommes les pionniers !!
Le bonheur dans une cochonnière !!!
Elino De Nardi

L’équipe des saisons 63 et 64
En haut de g à d : Bernard Duprouilh, Bedoch, Daniel Juliot, André Baudry, Jean-Claude De Nardi, Mr Bedoch (Président). Accroupis : Michel Roumégoux, Elino De Nardi, Beney, Jean-Claude Grené, Jacques Lavie.
MOINS VITE ! Au début des années 60, peu de gens possédaient une voiture. Pour avoir des joueurs et joueuses il fallait souvent aller les chercher chez eux et, encore plus souvent, les rameneraprès les rencontres. Quelques fois même jusqu’en Charente ! Il valait mieux être organisé ! Pour les retours aux différents domiciles, dans ma 2 CV -chargée des filles- tout était réglé comme du papier à musique. Le maximum de sacs dans le coffre, les autres entre les sièges, celle qui descendait en dernier montait d’abord, se calait au fond de la voiture, les autres pêle-mêle à coté et même par dessus … Chargée comme elle l’était, la 2 CV tanguait pas mal. Tous ceux qui en ont possédé une savent ce que cela veut dire ! Lors d’un de ces retours, Ghislaine Pétrini, la sacrifiée au fond, m’alerte : « Moins vite, je vous assure, dans les virages je touche la route ! »
Finalement, cahin-caha, tout le monde arrivait à bon port.
Pierrette Frustier
EXPEDITION EN 2 CV.
Match important pour l’équipe féminine à Bordeaux. Comme d’habitude le déplacement s’effectue en voitures. Deux 2 CV, la notre et celle prêtée par le Docteur Maurice, le Président de l’époque. Par sécurité et pour prévenir tout problème, ce dernier avait fait réviser la sienne par son garagiste la veille. A moitié route, vers Montussan, la tuile. La 2 CV prêtée tombe en panne. Arrêt sur le bord de la chaussée -moins passante que maintenant- les six ou sept passagères descendent en attendant que Georges, avec la deuxième voiture, aille chercher de l’aide. Voyant cet attroupement, une patrouille de gendarmerie s’arrête et la conversation s’engage – « Vous n’êtes quand même pas toutes dans cette voiture ? – Non, non ! Bien sûr ! on attend une autre voiture » Convaincus -une autre époque- par cette réponse en chœur de toutes les filles ils sont repartis. Ouf !!! Plus tard, mécontent et vexé par cet incident, le Docteur Maurice va voir son garagiste et la vérité éclate. L’apprenti chargé de la révision finit par avouer qu’il n’avait pas trouvé l’endroit dans le moteur où il fallait mettre de l’eau … Le plus beau de l’affaire c’est que, en arrivant finalement sur les lieux de notre match, nous apprenons que nos adversaires avaient déclaré forfait !
Quelle belle journée !
Pierrette Frustier.
INDISPENSABLE 2 CV.
Match de barrage d’accession au championnat régional contre l’ASPTT Bordeaux. Le comité de Gironde a fixé la rencontre à La Benauge, un vendredi soir à 19h30. Ce qui ne va pas sans nous poser quelques problèmes. En effet, Jacques Lavie, un des piliers de l’équipe, professeur d’EPS à Angoulème finit ses cours à 17h00 et aura bien du mal à être à l’heure pour le match à Bordeaux. En ce temps là aucun des joueurs ne possédait une voiture particulière et Jacques devait prendre un bus pour rentrer. Horaire d’arrivée prévu à Bordeaux : 19h20. Il n’y a donc pas trente six solutions, il faut aller le chercher. Et, une fois de plus, la vaillante 2 CV de la famille Frustier est réquisitionnée. Je prends la route à Libourne à 15h00 et j’arrive à Angoulème devant le lycée à 17h10. Je récupère Jacques à la sortie des cours et, le temps de mettre son sac dans le coffre de la voiture, vite vite, pied au plancher, direction La Benauge.Enfin, vite vite c’est beaucoup dire. En ce temps là pas d’autoroute. Il fallait prendre la N 89 traversant toutes les petites villes et tous les villages. L’enfer ! Malgré quelques pointes à 80 km heure… Arrivée au gymnase à 19h15. Ouf ! On y est ! En nous voyant tout le monde se décrispe. Jacques, déjà en tenue, rejoint ses coéquipiers et l’échauffement commence. Le match se termine par une belle victoire libournaise synonyme d’une accession en Régionale.
Merci la 2 CV.
Georges Frustier.

Elle n’était pas belle cette fameuse 2 CV ?
La semaine prochaine : années 60 épisode 4, les matchs dans les Pyrénées.
