IL ETAIT UNE FOIS … #27

IL ETAIT UNE FOIS… LE HBCL

IL FAUDRA LEUR DIRE…

1986-2026. 40 ans ! Déjà quarante ans que le HBCL est né. Et je m’en souviens comme si c’était hier.
Avant que ma mémoire ne s’efface je tenais à mettre noir sur blanc les principaux épisodes de ces quarante saisons. D’abord pour rendre hommage à tous les bénévoles qui ont créé puis porté le HBCL vers les sommets. Qui m’ont permis de vivre ma passion et l’ont partagée.
Mais aussi pour que chaque licencié -ancien ou nouveau- s’imprègne de l’histoire de ce club. Qu’il se rende compte de l’espoir, puis de l’incompréhension, de la colère, enfin de la folie et de l’immense passion qui ont conduit à cette naissance. Qu’il comprenne bien d’où vient ce HBCL. Il comprendra mieux où il va. Et surtout comment il y va.

Il faudra leur dire, à ces licenciés, que la gestation a commencé en 1985. Profitant de nouvelles directives de l’Education Nationale je viens de créer une option handball au collège Atget et au lycée Max Linder.
Une formidable opportunité pour le club -l’AS Libourne- d’assurer son avenir en formant ses propres joueurs. Mais aussi une chance pour les jeunes handballeurs de l’époque de pratiquer leur sport dans de très bonnes conditions. Quoi de mieux, en effet, que d’avoir des entraînements intégrés dans leur emploi du temps et de bénéficier d’un suivi scolaire.
Les parents, eux, l’ont bien compris. Surtout que ces conditions servent un groupe de jeunes joueurs talentueux -trois d’entre eux évolueront en D1 et un sera sélectionné en équipe de France. Un groupe que l’on ne retrouve que tous les 15 ou 20 ans. Ou jamais…Mais il s’appuie aussi sur un groupe de parents passionnés et très investis qui créera l’Association Etudes Handball (l’AEH) pour soutenir ce projet.

Il faudra leur dire qu’hélas, ce projet est mal vu par les dirigeants en place et même, pour d’obscures raisons, combattu. L’enthousiasme et l’élan générés sont vite douchés.
Dès le début de la saison 1985-86, malgré une victoire pleine de promesses au tournoi international de Madère, nous sentons une animosité croissante au fil des mois. Le groupe de parents et moi-même passons une saison catastrophique au sein de l’ASL. La passion qui nous habite pour le handball et nos enfants a pris un drôle de coup. Nous nous sentons incompris par les dirigeants en place. Rejetés. En fait nous sommes poussés dehors !
Mais notre passion reste intacte. Et nous ne pouvons abandonner cette extraordinaire équipe.

Il faudra leur dire que, de concert et tant qu’à être poussés vers la sortie, nous décidons, la rage au cœur mais emportés par notre passion, de partir tous ensemble créer notre propre club. Un club famille en quelque sorte.
C’est ainsi que le Hand Ball Club de Libourne naît, le 21 mai1986.
Ces courageux parents ont pour nom Jean-Claude Barouilhet, Jean-Pierre Brachet, Maryse Camborieux, Elino De Nardi, Michel Lafargue, Henri Lallet. Ils seront suivis par beaucoup d’autres et par la quasi totalité des jeunes de l’ASL. 147 licenciés la première année !!!
40 ans après cette décision, ce saut dans l’inconnu, je le ressens toujours comme un coup de folie. Mais aussi comme une thérapie. Il nous fallait aller au bout de notre passion. De nos idées. Pour le bien des adolescents dont nous avions la charge et dont nous pressentions l’avenir doré.

Il faudra leur dire aussi que la première année d’existence nous a fait toucher du doigt toutes les difficultés qui nous attendent. Une véritable aventure !
Pas de créneaux horaires dans le gymnase. Ils sont réservés à l’ASL. Quelques mois plus tôt, pendant le conflit ASL/AEH, l’adjoint aux sports à la mairie avait déclaré : « En tout cas je ne ferai rien pour favoriser l’éclosion d’un nouveau club à Libourne ». Effectivement il tient parole : les entraînements doivent s’effectuer sur les installations extérieures de Kany. Sur des terrains goudronnés.
Pas de matériel. Comme pour le tournoi de Randers les maillots et les ballons sont ceux prêtés par le lycée Max Linder. La couleur violette des équipes UNSS du lycée deviendra celle du HBCL. Un peu plus tard viennent des maillots donnés par des commerçants sur lesquels il a fallu marquer les numéros au feutre noir.
Fière allure les joueurs du HCL !
Pas de championnat officiel puisque presque tous les licenciés sont mutés. Heureusement le Comité de Gironde, compréhensif, nous permet d’évoluer à notre niveau. Seul le titre de champion ne peut nous être accordé.

Mais il faudra leur dire qu’au fil des saisons les résultats suivent. Exceptionnels. Un groupe fabuleux vient de naître entraînant tout dans son sillage grâce à ses succès : les copains, les parents, les créneaux horaires, les subventions, les licenciés…Même l’adjoint aux sports revient sur sa première déclaration et promet une aide financière.Tout rentre dans l’ordre petit à petit. D’autant que, persuadés du bienfait de la chose -sportivement et humainement- nous partons aguerrir nos jeunes dans des tournois à l’étranger. Toujours l’aventure qui nous mènera , après Madère, à Randers (DK. 7 fois), Brème (Allemagne), Trébisov (Slovaquie), Calella (Espagne), et Teramo (Italie).
La première étape de cette aventure est gagnée. Mais ce n’est pas la dernière…

Il faudra leur dire que les extraordinaires résultats des jeunes nous amènent à engager, en 1991, des équipes seniors masculines et féminines et qu’un président visionnaire -et probablement un peu fou comme nous tous- annonce en 1992 l’objectif du club : atteindre la N1, le plus haut niveau amateur en France pour les hommes.
Deuxième étape de cette aventure.
Première partie vers les sommets menée à un train d’enfer -6 divisions de franchies en 7 ans- pour arriver en N3. Courte pause puis, avec l’arrivée de Thierry Segonzac -encore un passionné- aux commandes du club, changement de braquet : titre de champion de France de N3 en 2003 suivie d’une accession à la N1 en 2005 !
Reste maintenant à se maintenir à ce niveau. Avec pratiquement toujours le plus petit budget de la poule le HBCL y arrive tant bien que mal. Seul petit accroc, une descente en N2 en 2009 suivie d’une remontée immédiate. De nouveau l’aventure en N1. Mais pour combien de temps ?

Il faudra leur dire qu’en 2014, la crise mondiale des subprimes a des répercussions importantes en France. Même au niveau des clubs sportifs. Les subventions sont diminuées, voire supprimées. Le HBCL subit cette crise de plein fouet.
Et c’est la chute. En déficit, il est obligé de se mettre en redressement judiciaire et, bien que s’étant maintenu sportivement, demande sa rétrogradation en N3.
Fin d’une belle histoire ? Et bien non. Une fois de plus, grâce aux jeunes qu’il a continué de former pendant sa période dorée, le club repart de l’avant. En 2019 première étape de franchie vers le retour en N1 avec un barrage gagnant assurant son retour en N2.
L’aventure continue. Et ce n’est toujours pas la dernière.

Il faudra leur dire encore que, suite à une volonté de Philippe Buisson, maire de Libourne, président de la Cali et de Jean-Louis Arcaraz adjoint aux sports cette fin de saison 2019 va voir la naissance d’un projet de grand club de handball dans le libournais.
Commencées par mes soins -encore un coup de folie?- dès 2008 les discussions avec les présidents des clubs alentours se sont poursuivies. D’abord limitées aux clubs de la Cali -Izon et Coutras- elles s’étendent aux clubs de Branne et du Fronsadais et finissent par aboutir en 2023 avec la création du Grand Libournais Hand Ball.
Une nouvelle aventure commence. Encore une.
Et pour sa première année d’existence le GLHB accède à la N1 !

40 années d’émotions. Avec des dirigeants passionnés, souvent investis pendant plusieurs années, faisant perdurer l’esprit famille des débuts. Comme Joëlle Adolphe, au secrétariat depuis 1992 ! Comme le président Philippe Botella joueur de l’équipe fanion à la fin des années 90. Comme Corinne Camus présente, elle aussi, depuis le milieu des années 90. Comme bien d’autres encore…

Il faudra leur dire à ces nouveaux licenciés que c’est à eux de faire que ces années de passion, d’émotions et d’aventures, ne s’arrêtent jamais.
Mais toujours dans l’esprit famille du début. Au service des jeunes.

Oui, il faudra leur dire…

Les fondateurs du HBCL
photo prise en 2016 lors des 30 ans du HBCL

De g à d : Elino De Nardi, Henri Lallet, Jean-Pierre Brachet (qui, depuis, nous a hélas quittés, Maryse Camborieux, Jean-Claude Barouilhet, et Michel Lafargue.
Au second plan on peut apercevoir Jean-Pierre Seignat et Thierry Segonzac présidents entre 1996 et 2009.