ROMAN-FEUILLETON.Années 60. Episode 5

L’ASCENSION DE L’ASPTT

En 1962, suite aux brillants résultats obtenus en CIS, Georges Frustier annonce son intention d’engager l’ASPTT dans un championnat normal sous l’égide de la Fédération.

C’est la naissance du Handball à Libourne.

Mais là non plus il n’est pas le seul à avoir cette volonté ! Le CNL entreprend la même démarche. Christian Querre -Président du CNL et grande figure libournaise- réunira les représentants de l’ASPTT pour une négociation devant aboutir à la création d’un seul club de Handball à Libourne. Pendant la réunion tout le monde comprend bien que le CNL devra être celui-ci! Autour de Christian Querre et de son bureau les représentants des « Postiers » sont le docteur Maurice -Président- Georges Frustier, Mademoiselle Troquereau, mon copain Jacques Lavie et moi. Avec Jacques nous nous demandons bien ce que nous sommes venus faire dans cette galère tellement nous sentons que beaucoup de choses nous échappent. La réunion se terminera -s’il y a un accord après réflexion- par une généreuse distribution de sucettes.Le docteur Maurice deviendra Président de la section Handball du CNL, Georges Frustier vice président chargé de l’entraînement. Quant à Jacques Lavie (cadets) et moi (seniors) nous voici bombardés entraîneurs.

Une progression fulgurante après un an de pratique !

Bref, la création de la section Handball du CNL semble inéluctable et on se quitte sur cet accord de principe … Mais les non dits, les intérêts particuliers, étaient trop importants. Finalement la fusion n’aura pas lieu. Nous voici donc avec deux clubs de Handball à Libourne : l’ASPTT et le CNL.

Encore une guéguerre en perspective ?

Très rapidement, forte de ses athlètes de très bon niveau ( Philippe Deyres – encore un lanceur à plus de 50 mètres au javelot- est venu compléter le groupe) et de quelques recrues de qualité, l’ASPTT gravit les échelons et se retrouve en Nationale 2B. A l’époque c’était la 2ème division. Cela allait plus vite que maintenant ! Elle rencontre alors des clubs -dont la plupart sont devenus des très grands – comme Nantes, Toulouse, Montpellier, Nîmes … Et oui, nous jouions déjà contre eux dans les années 60 ! Pour se déplacer il n’est évidemment plus question du fourgon des PTT ! La construction du gymnase Kany en 1966 permet enfin un jeu de meilleure qualité et donne un coup d’accélérateur à ce sport confidentiel mais très pratiqué en milieu scolaire.

La guéguerre n’a pas eu lieu.

DIETETIQUE

A l’époque de l’ASPTT la diététique dans le sport n’existe pas. Du moins à notre niveau. En 1966 (ou 1967) nous nous déplaçons à GELOS pour y disputer une rencontre dans l’après midi. A 15h00 me semble-t-il. Comme pour les déplacements d’athlétisme l’équipe s’arrête manger à Aire sur l’Adour. Il y a là un bon restaurant et à midi pétante nous sommes à table. Au menu ris de veau pour tout le monde et on peut se resservir. Ce que nous ne manquons pas de faire bien entendu ! Résultat, nous avons ramé pendant tout le match. Et évidemment nous avons perdu.

Point positif : personne n’a vomi.

Elino De Nardi

Le CNL, quant à lui, continue son petit bonhomme de chemin. Rejoint par quelques professeurs d’éducation physique il évolue au niveau départemental. Les rencontres entre les deux clubs ne sont plus d’actualité. Les premières avaient offert quelques confrontations -toujours correctes- entre les professeurs d’EPS du Club Nautique et quelques uns de leurs élèves évoluant à l’ASPTT.

DERBY LIBOURNAIS.

Mon premier souvenir date de 1962, au cours de la première saison de l’ASPTT en championnat officiel. Notre adversaire, ce jour là, était le Club Nautique de Libourne. Le derby pour la suprématie locale ! Le match, malgré le mauvais temps -à cette époque nous jouions dehors- se déroule devant un public nombreux (parents et amis compris, une trentaine de spectateurs en tout sous la pluie !!!). Dans l’équipe de l’ASPTT nous étions trois coutrillons-Benay, Bedoch et moi- et, en face de nous , il y avait des professeurs du collège de Coutras. Cela nous faisait tout drôle de jouer contre nos profs. Et de les battre. Score final : 17 à 10.

Grosse satisfaction des élèves.

Jean-Michel Placide.

ET LES FEMININES ?

L’ASPTT de cette époque ce n’était pas que les garçons. Au cours des saisons 1964-65 et 1965-66 l’équipe féminine monte en championnat d’Aquitaine et remporte la Coupe d’Aquitaine.Heureusement pour elles les rencontres se déroulaient -me semble-t-il- dans de meilleures conditions. En avril 1968 elles sont championnes d’Aquitaine et accèdent à la N2 Excellence.

La semaine prochaine : épisode 6. Quelques brèves des années 60.