ROMAN-FEUILLETON DU HANDBALL LIBOURNAIS DE 1962 A NOS JOURS.
Dans cette nouvelle rubrique, en complément du « petit mot d’Elino », toutes les semaines je vais vous proposer un voyage dans le handball libournais de sa naissance à nos jours. En vous contant des exploits, des défaites, des anecdotes ayant marqué ces 64 années. Mais aussi en vous faisant partager des souvenirs d’acteurs de chaque époque. Un vrai roman-feuilleton illustré avec des photos jaunies pour la plupart, mais combien évocatrices de moments que vous ne soupçonnez même pas. Vous comprendrez comment d’une trentaine de licenciés au départ nous sommes arrivés à plus de 400.
ROMAN-FEUILLETON DU HANDBALL A LIBOURNE. (Episode 1)
NAISSANCE DU HANDBALL A LIBOURNE
Tout a commencé en 1961. Pour la préparation hivernale de ses athlètes quoi de mieux que La pratique d’un sport collectif tel que le handball où il faut courir, sauter et lancer. C’est ce que pense Georges Frustier (1), le responsable sportif de l’ASPTT Libourne athlétisme. Aussitôt dit, aussitôt fait. Il les engage dans un championnat réservé à des débutants. Chez les garçons il y a là des athlètes de bon, voire de très bon niveau et en particulier les lanceurs. Ou simplement des copains de lycée comme Jean Maurel-Audry mort tragiquement depuis, assassiné dans son agence bancaire au cours d’un hold up. Grâce à ses qualités physiques très au dessus de la moyenne l’équipe de garçons bat tout le monde.
1962. Encouragé par ces résultats Georges Frustier engage une équipe masculine et une féminine en championnat normal. L’ASPTT Libourne est désormais affiliée à la FFHB. Le handball vient de naître officiellement à Libourne. (2) Il ne peut pas deviner, le brave Georges, qu’il vient de lancer une activité qui va grandir, grandir encore et encore, jusqu’à devenir le monstre qu’il est aujourd’hui à Libourne avec plus de 400 licenciés !
Voici cette naissance et les débuts vécus et commentés par Alain Martorell le gardien de but de l’équipe. (3)
LA SURPRISE DU CHEF.
1961. Soir de novembre. Stade Clémenceau. (4) J’arrive pour l’entraînement des athlètes de l’ASPTT. Dans le vestiaire, le « chef de file des lanceurs », Elino De Nardi, nous annonce que « ce soir on va faire du Handball » ..
– Quésaco ? …
– C’est comme le football, nous dit-il, en retirant un petit ballon de son sac, mais ça ne se joue qu’avec les mains, sur un petit terrain avec des petites cages … L’instant de surprise passé, on mobilise les gros bras et quelques sauteurs … L’enthousiasme est général … L’aventure peut commencer.
LES PIONNIERS.
Ils s’appellent, aujourd’hui, « les Barjots », « les Invincibles », « les Experts »…En 1962, on aurait pu s’appeler « les pionniers ». Premier club de Hand à évoluer à Libourne, sous les couleurs de l’ASPTT, le championnat était circonscrit au département de la Gironde. Les clubs étaient alors peu nombreux et pour la plupart bordelais. Les conditions de jeu étaient rocambolesques… souvent en plein air, sur des surfaces goudronnées avec des cages sans filets et des ballons en cuir vite alourdis par la pluie… Nos points forts se résumaient à une bonne condition physique, puissance de shoots, tirs en suspension et une seule tactique : « le petit train » cher à Elino De Nardi.
L’ASTUCE.
Toujours à la recherche de nouveautés, notre « Chef » Elino, lassé de nous voir échapper des ballons mouillés, glissants comme des savonnettes eut, un jour, une ingénieuse idée : s’enduire les mains de colle avec des rubans « tue-mouches » que nos grands mères suspendaient dans leur cuisine, pour capturer les insectes indésirables; inutile de préciser qu’au bout de dix minutes, le ballon devenu poisseux comme un pot de miel, avait encollé aussi les mains des adversaires qui n’avaient rien demandé. Personnellement, en tant que gardien de but, je jouais avec des gants, ce qui m’évitait le désagrément du nettoyage des mains post match.

La première équipe libournaise
Debout de g à d : Alain Martorell, Jean Maurel-Audry, Berdoy, Jean-Michel Placide, Jean Zanchetta, Georges Frustier. Accroupis : Jacques Lavie, Elino De Nardi, Beney, Jean-Louis Bedoch, Bernard Duprouilh.

La première équipe féminine
(1) Georges a poursuivi une très longue carrière d’athlète. Un an avant sa disparition à 93 ans, il avait obtenu deux titres nationaux au disque et au javelot dans sa catégorie des plus de 90 ans !!!
(2) La même année, le Club Nautique de Libourne engage lui aussi une équipe de handball.
(3) Alain nous a quittés début 2026.
(4) Sur le terrain de handball de cette époque a été construit le gymnase Brethous.
La semaine prochaine : les conditions d’entraînement et de match.,
